Inattendu. Un doigt sur l'interrupteur, j'avance à reculons. J'ai trop bu ce soir, et hier soir aussi, en fait je ne m'arrête jamais. J'ai bu ses mots, absorbé ses paroles.
Et puis j'entend la mer... Elle aussi veut que je me noie dans son souffle salé, mais moi je ne veux pas, au fond j'ai trop peur pour m'arracher à mon malheur solitaire.
Alors je m'assois devant ma fenêtre. Je l'ouvre. Je met un pied sur le rebord, j'effleure le vide qui m'entoure. A quoi sert de se donner des limites quand on ne cherche pas à les dépasser?
L'air m'emporte comme une vague vers l'eau déchainée, je ne résiste pas, je n'ai jamais su résister... Pendant un instant je deviens juste une ombre, l'ombre de mon ombre, une bise envoyée au hasard.
Je ne sais pas où je serai dans une minute, dans une heure, quand tu te réveilleras dans un lit vide et froid. Je n'ai jamais cessé de tomber et je tombe encore, infiniment.

![[Si je pleure ce sera ta faute.] Immaturité protectrice. Renie son appartenance au monde. Confusion entre le réel et la fiction. Peur du concret. Attache de l'importance à la futilité et aux détails et en refuse au reste. Refuse les larmes comme armes, les perçoit plutôt comme une souffrance supplémentaire, une punition. Adore détester et déteste aimer. Se régale du malheur innocent qu'elle éprouve parfois. Tente de résister à une schizophrénie persistante. Elle est sa propre muse, égoïste et excessive, nourrit ses pages blanches de mots et de sensations "uniques". Ne sait pas ce qu'elle veut. Voudrait... Arrêter. Tout arrêter... et puis peut-être recommencer.](http://50.img.v4.skyrock.net/505/nouar-espouar/pics/2052140539_small_2.jpg)
